Grand prix
Petites scènes de ménage ordinaires Jean-Paul Petit
Deuxième Prix - Prix F.P.F.
Bihotza, mon cœur Paul-François Béziat
Coup de coeur du jury - Prix du DCCN
A ces enfants Jean-Marie Lafon Delpit
Prix de la poésie
Veux-tu que je te dise Jean-Claude Boulais et Maurice Ricou
Prix de la créativité
Kheops Jacques Carmant (ex aequo)
Je suis Hervé Séguret
Prix "Parfum du terroir"
René Lemercier, paysan photographe Jean-Marie Coupriaux
Prix du documentaire
Georges Bizet ou les illusions perdues Claudine et Jean-Pierre Durand
Prix de la diction
Je voudrais pas crever Maurice Guidicelli
Prix de l'émotion
Ma guerre d’Algérie André Malet
Prix du public
Bihotza, mon cœur Paul-François Béziat
Acceptations
L’odeur des pommes Emmanuel Bas
Sur les murs par millier Bernard Basse
La Loire et son estuaire Marie-Françoise et Philippe Bordier
I Have a Dream Jacky Brunel
Le djebel Sarho Andrée Decomps
Au pays de Georgios Nicole et Maurice Esquirol
Le magasin Denis Gélin
Le grand ordinateur Laure Gigou et Maurice Guidicelli
Lérina Jean-Paul Guibal
5 bis rue de Verneuil Christian Hendricks et André Teyck
Horizons secrets Eric Lemarchand
L’île aux cent miroirs Claude Marty
Faut vivre Christian Matthys
Mais quelle idée j’ai eue ! Patrick Rottiers
Le mystère des Mayas Jean-Pierre Simon
Un breton chez les Bataves Patrick Worthington
Histoires de Fédé ou de Fada !
Comme chacun le sait, ma fonction de Commissaire National AV à la FPF devient de plus en plus difficile à assumer ! Mais quelle idée j’ai eue d’accepter cela. Claude Marty mon prédécesseur m’avait averti alors : « veux-tu que je te dise » ,me lâcha-t-il sur le ton de la confidence, ma hotte de popularité s’est vidée progressivement depuis ma prise de fonction. La fédé c’est comme une île aux cent miroirs (déformants ,bien sûr !). Faut voir comment ils te mettent la pression ! Il n’y en a que pour la photographie. D’ailleurs ils font parler les murs et sur les murs par milliers ils veulent graver les initiales de la célébrité. Mais en dehors des murs peints d’Angoulême c’est à peu près tout ce qui reste de moi comme trace de mon mandat. Alors je te souhaite bonne chance et comme on dit chez nous « enkhetuya »
Je ne compris pas tout de suite ce qu’il avait voulu me dire - ou me souhaiter- mon ami Claude .Mais très vite , l’enfant des Cavernes (cévenoles) que je suis se rendit compte que ce souhait allait devenir une charge pour moi. Je posai donc mes conditions au mandat qui m’était proposé :
Il me fallait d’abord un logement de fonction comme pied à terre que j’obtins sans trop de difficulté au 5bis rue de Verneuil à Paris, tout près du siège de la fédé dans l’ immeuble corpus 55, et non pas près la Loire et son estuaire comme je le souhaitais. Mais bon je n’avais aucune raison de faire la fine bouche !
il me fallait aussi pouvoir continuer à assumer concomitamment à ma fonction mes diverses responsabilités à savoir faire fonctionner le grand ordinateur dans le magasin que j’avais aménagé au rez de chaussée de l’immeuble.
Il me fallait aussi pouvoir continuer à exercer mes talents culinaires. Par exemple des « santa maria, isla flottante », ou des « loquitas » ,spécialités sucrées dont j’ai le secret. Ah l’odeur des pommes ,c’est quelque chose !
il me fallait aussi pouvoir continuer à pratiquer mes occupations favorites à savoir les voyages, par exemple en Afrique du Nord dans le djebel Sarho, ma région favorite où je séjourne régulièrement , à la recherche des marmottes et ce ,avec ma sogdiane, cette sorte de gourde insolite que j’avais ramenée de ma guerre d’Algérie et dans laquelle je mettais le thé sucré et que j’utilisai aussi au pays de Georgios pour y mettre ma nouvelle boisson favorite : la lérina. Il me fallait aussi pouvoir continuer à pratiquer mes recherches personnelles entamées depuis plusieurs années sur le mystère des Mayas ou de Khéops avec le Lol Cordik , un breton chez les bataves que j’avais rencontré là-bas par hasard et qui m’avait fait connaître son ami René Lemercier ,paysan photographe qui allait devenir mon collègue de recherche. Mais je ne voudrais pas oublier de mentionner Bihotza ,mon coeur, mon frère, qui me suivit alors dans mon parcours de résistance. Ces recherches entreprises ne devaient pas s’interrompre sous le seul prétexte que la FPF m’appelait aux hautes fonctions dont mes collègues diaporamistes ne voulaient pas ! (merci mes amis !) Pour moi c’était un véritable devoir de mémoire.
Donc ces conditions étant clairement posées, Jean-Jacques Dejeunes, alors Président de la FPF me fit miroiter un certain nombre d’avantages personnels ,non pécuniaires bien sûr. Il me laissa entrevoir pour ma carrière, même si elle était un peu derrière moi ! des horizons secrets dont par définition je m’abstiendrai de vous faire part. Malgré ses arguments et surtout l’arlésienne de Georges Bizet que je ne voulais pas prendre comme témoin de futures illusions perdues j’hésitai, car la musique ,je la connais !
Mais finalement je finis par accepter cette lourde tâche du « Haut commissariat au diaporama fédéral » ! Faut vivre ,non ?
Les jours passèrent… et comme le chantait mon ami Giorgios Moustaki : « passent ,passent les jours , passe, passe le temps ,il n’y en a plus pour très longtemps ! » Ces jours ne furent pas toujours propices aux bonheurs de Sophie, ma fidèle compagne. Combien de petites scènes de ménage ordinaire dus-je provoquer ?
Mais bon ,j’arrête là. Excusez-moi de m’être lâché sur ces histoires naturelles, certes, mais qui n’intéressent personne ! J’ai l’impression de rappeler des souvenirs d’il y a 40 ans ,en mai 68, lorsque je découvris le diaporama sur les barricades de la principauté de Monaco. (mais oui !)
Alors permettez-moi en terminant, que je vous fasse une confidence : aujourd’hui je fais un rêve, I Have a dream , à ces enfants des générations futures ,je leur dis : découvrez le diaporama et préparez la relève fédérale car moi ,vous le comprendrez, à la tâche, je voudrais pas crever !
Jean-Paul GUIBAL